Monthly Archives: novembre 2016

Hollywood et le vice

Les dessous de la cité du cinéma, entre orgies, suicides et alcool. Un recueil jouissif signé du réalisateur Kenneth Anger. A Hollywood, mieux vaut oublier toute vertu, si l’on en croit Retour à Babylone, recueil (illustré) d’anecdotes croquignolettes faisant suite à Hollywood Babylone. Figure majeure du 7e art underground, le réalisateur Kenneth Anger n’a pas sa langue dans sa poche pour raconter « d’autres cancans [...] de l’histoire dissidente du cinéma ». Si le casting vaut de l’or, les histoires – souvent jubilatoires – semblent tout droit sorties du caniveau. Ainsi, fervent adepte des bars gays SM, James Dean se grattait sans cesse l’entrejambe sur le tournage de La Fureur de vivre ! Célèbre pour ses rôles de méchant, Lionel Atwill adorait organiser des orgies chez lui. Quant au tennisman Big Bill Tilden, il était impuissant. Mais tout n’est pas en dessous de la ceinture : l’alcool (notamment) coule à flots et le suicide est ici monnaie courante. D’ailleurs, la méthode varie: le réalisateur James Whale se fracassa volontairement le crâne sur le fond de sa piscine, l’actrice Jenny Dolly se pendit à une tringle de sa salle de bains et, entre autres « dames au gaz », l’ex-starlette devenue assistante dentaire Barbara Bates se donna la mort dans son garage fermé. Certes, Retour à Babylone est constitué d’anecdotes qui ne sont pas du meilleur goût, mais le ton d’Anger fait mouche. Surtout, on tient là l’épatante peinture d’un « drôle d’univers où des rivaux qui se vouent aux gémonies doivent s’embrasser [...], tandis qu’une foule de spectateurs peu compatissants les observent avec une attention soutenue ». Paradoxal?

Le milieu de vie

Certains l’appellent -à tort- crise de la quarantaine ou de la cinquantaine. Vécue avec plus ou moins d’intensité, cette étape charnière est incontournable. Abordée avec lucidité et intelligence, elle peut avoir un impact très positif sur les années à venir. Le psychiatre Christophe Fauré décrypte cette nécessaire remise en question. A la cinquantaine, tout semble relativement bien aller. Pourtant, parfois, un sourd malaise intérieur s’impose insidieusement en soi, avec une tonalité un peu dépressive, comme une perte de repères, un questionnement sur le sens de la vie. De façon confuse, sans qu’on parvienne à le définir clairement, on éprouve le besoin de quelque chose de différent. Bienvenue dans la transition du milieu de la vie. Ce moment signe un temps charnière entre la première et la deuxième moitié de la vie. Il se situe grossièrement entre 45 et 55 ans. Chaque personne le traverse avec plus ou moins d’intensité, mais ce processus reste incontournable et universel. Pourtant, la plupart d’entre nous en ignore l’existence, alors même que cette transition peut avoir un impact majeur sur de très nombreux aspects de notre vie. La question se pose alors: ce temps de vie est-il une crise (la fameuse « crise de la cinquantaine ») ou une transition? On peut répondre à cela: l’adolescence est-elle une « crise » ou bien un temps -normal, naturel, prévisible, nécessaire- de transition de l’enfance à l’âge adulte? Certains jeunes vont certes être « en crise » mais on constate que la grande majorité d’entre eux traverseront relativement tranquillement leur adolescence avec, certes, quelques remous mais sans tout remettre radicalement en question pour la suite de leur vie. C’est la même chose pour la transition du milieu de la vie: c’est une étape normale, prévisible, nécessaire de l’existence. Une étude américaine montre que seulement 8% des personnes entre 45 et 55 ans font une véritable crise de la cinquantaine, mettant en danger les équilibres fondamentaux de leur vie. La véritable transition du milieu de vie ne parle donc pas de cela: la plupart d’entre nous la traversons relativement bien, sans déstructuration chaotique de notre existence. La « crise de la cinquantaine » est donc un mythe qui empêche de percevoir la réalité et l’intelligence de la transition du milieu de la vie. La transition du milieu de la vie une étape essentielle qui se manifeste par une remise en question de fond sur six axes principaux, une de ses caractéristiques étant de survenir de façon simultanée. C’est l’aspect le plus visible de la transition du milieu de la vie. Le visage et le reste du corps portent davantage les marques du temps qui passe. On s’inquiète de son pouvoir de séduction. C’est le temps de la ménopause pour les femmes, de l’andropause pour les hommes et le désir sexuel s’en fait parfois sentir, même si c’est loin d’être la règle. Le corps a tellement été un puissant support pour exister dans le regard des autres durant la première moitié de la vie que ses changements peuvent déstabiliser, voire déprimer… Beaucoup renoncent alors à prendre soin d’eux mêmes, alors que c’est l’exact opposé qui est recommandé: c’est le meilleur moment pour faire bouger ce corps qui ne demande que cela -il est démontré qu’initier ou remettre une activité physique à 50 ans est la garantie d’un très bon niveau de santé physique et psychique autour de 85 ans. Il est aussi essentiel de prendre soin du corps, afin qu’il soit en grande forme pour porter tous les projets de vie de la deuxième moitié de l’existence. Il est donc très sage de prendre soin de notre véhicule pour ne pas être freiner par lui dans l’accomplissement de nos projets de vie. Le couple subit de plein fouet la transition du milieu de la vie. Chacun se pose plus ou moins consciemment des questions sur le sens de la relation. Après 10, 15, 20 ans de vie en couple, alors que les enfants s’apprêtent à quitter la maison, on s’interroge l’un et l’autre sur l’avenir: quel « projet de couple » construire maintenant que nous allons nous retrouver dans un face à face qui est à l’image du début de notre relation? De quoi avons-nous envie et besoin aujourd’hui? Ce questionnement peut parfois pointer l’ennui qui s’est installé au fil des années, la perte de désir, l’envie « d’autre chose ». En effet, certains couples voient souvent émerger des problématiques qu’ils avaient soigneusement contournées sous prétexte des enfants. Maintenant, il n’est plus possible de faire l’impasse. Parfois, cet « autre chose » prend l’aspect d’une envie d’ »aller voir ailleurs », afin de vivre quelque chose de différent avant qu’il ne soit trop tard. La transition du milieu de vie est malheureusement une période à risque de relations extraconjugales ou de divorce car les fondamentaux de la vie de couple peuvent être sérieusement remis en question.